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La Congo-Kinshasa théâtre de la plus grave crise humanitaire mondiale, selon Lancet

09.01.2006 - lun. : 15'16 - Afrique

DAKAR

DAKAR,09/01 - Avec environ 38.000 personnes mourant chaque mois, principalement de maladies facilement curables, le Congo-Kinshasa est le théâtre de la plus grave crise humanitaire mondiale, selon une étude publiée vendredi dans la revue médicale britannique "Lancet".

Près de quatre million de personnes sont ainsi mortes pour la seule période 1998-2004, victimes indirectes de deux guerres sanglantes qui ont conduit à l`effondrement des services publics de santé du pays.

Selon l`étude publiée dans "Lancet", le taux de mortalité mensuel en République démocratique du Congo (RDC) est supérieur de 40% à la moyenne en Afrique sub-saharienne: il est de 2,1 décès pour 1.000 habitants -soit l`équivalent de 1.200 morts par jour.

C`est dans les provinces de l`est du Congo-Kinshasa, en proie aux violences depuis plusieurs années, que la situation est la pire, avec un taux de mortalité supérieur de 93% à la moyenne.

L`étude affirme que la majorité de ces décès sont dus à des maladies plutôt qu`aux violences. Elle précise toutefois que les guerres civiles dans le pays ont réduit ou même supprimé l`accès aux services de santé pour des millions de Congolais.

Ces morts sont en grande partie dues à des "maladies évitables et facilement traitables", souligne l`étude. Malaria, diarrhées, infections respiratoires et malnutrition arrivent en tête.

Cette étude est basée sur les entretiens réalisés dans 19.500 foyers de RDC entre avril et juillet 2004 par des employés du ministère congolais de la Santé aidés par l`organisation non-gouvernementale "International Rescue Committee".

Le gouvernement congolais a rejeté vendredi ces chiffres, estimant qu`ils étaient exagérés. "Je considère cela comme un gros mensonge", a déclaré le ministre de l`Information Henri Mova Sakanyi. "Ces chiffres sont très exagérés. Partout dans le monde, les gens meurent de maladies, pas seulement au Congo".

La situation actuelle est le résultat des deux guerres consécutives qui ont ensanglanté le pays. La première (1996-97), menée par des rebelles soutenus par le Rwanda voisin, a conduit au renversement du dictateur Mobutu Sese Seko. Elle a été immédiatement suivie d`un nouveau conflit entre 1998 et 2002. AP.

Transparency International condamne les députés algériens pour avoir bloqué une loi les obligeant à déclarer leur patrimoine

ALGER (AP) - La section algérienne de Transparency International a condamné vendredi l`attitude des députés algériens qui ont rejeté mercredi l`article d`un projet de loi les obligeant à faire la déclaration de leur patrimoine au début et à la fin de leur mandat.

"Une loi contre la corruption sans déclaration de patrimoine n`a pas sa raison d`être", souligne dans son communiqué cette ONG pour qui le vote des députés algériens "aura des effets désastreux tant au plan national et international".

Transparency, qui rappelle au passage son combat "depuis des années" contre la corruption en Algérie, estime que la lutte contre ce fléau "est avant tout une affaire de volonté politique, dans un contexte démocratique et d`Etat de droit, en respectant les libertés d`expression et de la presse, en impliquant la société civile et tous les secteurs d`activité du pays".

Ce qui, du point de vue de cette organisation, est très loin d`être le cas en Algérie. Selon elle, les pouvoirs publics "ont fait la démonstration que tous leurs discours et leurs projets sur la lutte contre la corruption ne sont que des effets d`annonce et des instruments de règlement de comptes au coeur du pouvoir".

Devant la situation créée par le vote des députés, Transparency International considère qu`"il vaut mieux pour le moment qu`il n`y ait pas du tout de loi spécifique à la lutte contre la corruption, plutôt que celle qui vient d`être votée par les députés et qui est une coquille vide consacrant l`impunité des agents publics (élus et fonctionnaires)".

Son communiqué s`achève par un appel aux sénateurs algériens à qui il est demandé de rétablir l`obligation de déclaration de patrimoine, lors que le projet de loi de "prévention et de lutte contre la corruption" leur sera soumis.

Mercredi soir, les députés du Front de libération national (FLN) parti majoritaire, et du Mouvement pour la société et la paix (MSP) (islamiste modéré) ont bloqué un article d`un projet de loi de prévention et de lutte contre la corruption obligeant les élus à déclarer leur patrimoine avant et après leur mandat. AP